S’arrêter et profiter de l’instant, un instant seulement à la dérobéeFrédéric Lecomte

Vernissage le jeudi 03 décembre à 18h

« Je  m’en vais vous jouer l’Arlésienne, vous la jouer poète, car il n’y a pas d’autre forme ni d’autre attitude pour vous « littérater » mes envies, au risque de ne pas plaire à tout le monde. Il me faudra tout d’abord engranger autant de relais que possible pour regrouper mes essentiels, et voilà mon pari : embrasser à vau-l’eau un ensemble de découpures pour en multiplier les points de vue, les détails ou les intermittences. Il sera question d’un menu gastronomique, d’un menu de pratique ; et quoi de mieux que ces lignes pour en esquisser les figures, détachées de leurs gabarits ?
Il n’y aura donc pas de vernissage ni de rendez-vous, pas même de grand déballage, mais il y aura certainement des promeneurs pour franchir le pas de la porte et se laisser emporter — ceux-là mêmes qui étaient venus par hasard se mettre à l’ombre, puis d’autres encore, pressés ou pas, qui passaient par là pour aller voir de quoi il retournait. Et puisqu’il s’agit moins de mon travail que de celui d’un autre — en tout cas, rassembler un ensemble au travail, c’est bel et bien le montrer tel qu’il est, sans autre chose qu’avec son « ça », ses mises à l’écart, ses parenthèses, ses ruptures.
Alors, faire de ces panoplies l’étendue de ces découpes, de ces plans, pour les habiller et s’en convaincre ; faire de ce menu une carte des régals, comme le ferait un dessin quand on le couche sur une table, qu’on le dresse sur un mur ou qu’il se termine en boulette de papier, et le reste, advienne que pourra.
Ainsi, si vous venez en avion, en train ou en bus, peu importe ! Commencez d’abord par déjeuner dans le centre commercial de La Vache Noire, c’est à deux pas. Puis, après un bon café crème, filez sans attendre au « lieu de l’Autre » à Arcueil : c’est juste à côté. Vous verrez, le passage est grand ouvert sur des animations cinétiques qui viendront égayer d’un large sourire vos sautes d’humeur, et ainsi de vous accueillir et faire de vous l’un de mes hôtes.
La galerie sera ouverte pour ceux qui ont envie de s’y perdre, ou seulement pour vérifier s’ils ont eu raison de changer le papier peint des murs du salon. Pour le reste, je serai présent en milieu de journée pour voir si les machines n’ont pas « toussé », si quelqu’un est déjà passé par curiosité en prenant le soin de s’arrêter un instant — un instant seulement — pour m’accompagner dans mon larcin. Quant à la rhétorique, eh bien, je la met au placard. »
Frédéric Lecomte

Entrée libre du mardi au vendredi 12h-18h
Fermeture week-ends et lundis
En dehors de ces horaires, visites sur rendez-vous auprès de l’artiste