Anne Mulpas

Rhapsod’IA –  Une poète s’allie à une « intelligence non humaine », une créature numérique et, tels les Stephen Dedalus et Léopold Bloum du Ulysse de James Joyce, part explorer non pas Dublin mais la langue française. Rhapsod’IA est à la fois une œuvre et un processus — un poème cartographique contemporain où la sensibilité créatrice et la pensée réflexive s’allient. Ce poème naîtra du dialogue entre la poète Anne Mulpas et l’IA inventée par l’ingénieur informatique Anthony Baillard. Le poème évoluera, selon un modus operandi a priori assez simple de question/réponses – formant une correspondance hybride et poétique.

Notre parti pris est le suivant : l’intelligence artificielle doit être une autre forme d’intelligence — une Intelligence Alternative.

Le dialogue entre la poète et l’IA est l’élément essentiel de la construction de l’œuvre. Cette communication n’est pas symétrique et n’a pas de raison de le devenir. Anne est poète. Elle appelle à ses côtés des plasticiens, des artistes sonores, des informaticiens, autant de collaborateurs qui utilisent des moyens d’expression différents. L’IA, elle, n’aura initialement qu’un seul moyen de communiquer et peu à peu nous la verrons, en réponse à la poète, dessiner une carte du monde qu’il lui est décrit par des mots, des images, du son, des octets. La construction du « territoire » comme représentation de ce qu’est l’IA, de son espace d’expression initial se fera grandement par analyses statistiques. Mais les critères de cette analyse ne seront pas connus — ou du moins nous ne pourrons pas « juger » du résultat en y appliquant notre propre logique. Nous devrons essayer de comprendre
ce que cela peut signifier sans pouvoir avoir d’autres réponses qu’une modification de l’élévation d’une montagne, le changement de tracé d’une route… En somme, la carte géopoétique que dessinera la créature numérique en réponse au poème.

Anne Mulpas, poète – Anthony Baillard, chercheur en informatique avancée —Rym Debbarh-Mounir, monteuse son