Laurent Melon

Attends un peu ah que je travaille

L’utilitaire chargé raz la gueule, qu’est ce qu’elle a ma gueule?

chauffeur vouté, conduite torticolis, marche arrière pliée.

Crac ! Frein à main, et cran d’arrêt .

Coup de peigne, prise de contact, ouverture du coffre,

clope allumée, jean anti courbatures.

Salut les copains, on décharge ?

Le gros morceau est en dessous de la cage de Médrano,

calé dans du bulle pack, inamovible,

comme la housse Ecossaise de la banquette.

Le type à pas l’air au jus, il a pas l’info.

Faut vous dire monsieur, que dans tout ce bazar là!

Le transistor s’allume à l’aiguille à tricoter.

Le hertzien se cache dans une botte de foin.

Y’a guère que l’essuie glace, qui sert de relais.

Pronostique vitale, six volts au plafonnier

fréquence timide, dynamo engagée

La chlorophylle s’accroche tant qu’elle peut

Au chewing gum délavé du Palais des sports

Zygomatiques battants plusieurs rappels

Faut décharger, encore un levé de rideau.

Et puis aussi faire court, mini mini mini

Au pieds de biche, oh ma biche

Faut que je souligne, au crayon noir

Des jolies voeux…Y’en a !

Bi-bop-a Lula,

Regarde un peu.

l’Anis Gras

Elle est terrible !

(Le déchargement de la camionnette se fit un peu plus tard,  le gars et moi on s’est posé au bar cantine, on a causé Johnny, le temps d’une jolie Sarah.)