Laurent Melon

A touche-touche, les traits du pinceau sont instinctifs et l’automatisation du bonhomme rend grâce à l’idée qui gicle d’une diverticule de mon cerveau. La méthode il faut l’avoir quand inexorablement ce qui paraît attrayant d’habitude, passe en conduite automatique. Il faut bien te l’avouer, sous les tilleuls de la promenade de cette nuit aux reflets magiques, la lumière qui se colle sur mes yeux s’est mise sur son 31, et distille son mélange à peine salé, avec des éclats  pare- brise s’éclatant en plein phare. Peindre sans poncer la braise, faire sa gribouille et penser qu’à autre chose. Rouler et se fendre en deux la gueule au vent, ouvrir un fruit comme on ouvre un diamant vertigineux, qu’en l’intérieur pulpe d’audace, ce goût plus généreux qu’un million d’autres agrumes à facettes. Ces coups de canons qui résonnent dans ma poitrine, appartiennent à la mémoire d’un tank, mes carcasses toutes entières reposent et se déplacent à la faveur de deux chenilles, l’à-coup à touche-touche, et l’écho sur les os. Une sensation costumée d’un plaisir simple, un branle-bas de combat pour de la glissade sur un pont enjambant la Seine qui roucoule à gogo, offrant un peu de ses gouttes, pour une becquée, et rafraîchir l’oiseau. Respirer à pleins poumons l’ appel d’air hors sujet, et tourne tourne la tête, quand sourire et embrasser un lampadaire n’a rien de suspect, ou si peu…

Je n’avais jamais vu autant de blé, autour des grands moulins, mais qu’elle bonne heure pour filer en prise directe à travers champs, et de fouler une poussière qui n’attend que rosée du matin pour devenir du pain. Comme il est beau Paris, quand un groom m’apporte le bristol, invitation ce jour Tour Tokyo. Punaise ce n’était donc pas un rêve? L’enveloppe elle aussi s’est dotée au passage d’une belle déchirure, mon dieu la belle vie, comme au premier jour du naître, au premier feu.